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5 choses à savoir sur Toulouse-Lautrec

Un peu plus d’un siècle et demi après la naissance d'Henri de Toulouse-Lautrec le 24 novembre 1864 à Albi, redécouvrons en 5 points ce peintre, l’un des plus importants du XIXème siècle, à travers les collections du musée Carnavalet et du Petit Palais.

1. C’était un grand portraitiste

Portrait de André Rivoire, Henri de Toulouse-Lautrec, vers 1901, conservé au Petit Palais

Portrait de André Rivoire, Henri de Toulouse-Lautrec, vers 1901, conservé au Petit Palais

Si sa maladie génétique l’a empêché de dépasser la taille d’1,52 mètre, Henri de Toulouse-Lautrec a usé de son art pour regarder son époque dans les yeux.

Avec des scènes de vie bien connues, en immersion au sein de cafés et de cabarets montmartrois, mais aussi de stupéfiants portraits, isolant de tout contexte festif les visages tantôt vifs, tantôt mélancoliques, du Paris de la fin du XIXème siècle.

Conservé au Petit Palais, le Portrait de André Rivoire (vers 1901) témoigne de son talent : il représente ici le poète et auteur de théâtre alors qu’il n’a pas encore trente ans. Sa moustache en pointes, ses sourcils expressifs et son regard fin tranchent avec l’oreille toute rouge d’excitation, tout comme son visage représenté finement détonne sur ce fond abstrait, où se devine le geste rapide du peintre.

2. C’était un travailleur acharné

Henri de Toulouse-Lautrec était connu pour son esprit gai, ses nuits passées à festoyer au Moulin-Rouge, sa fréquentation assidue des prostituées… Pourtant, et malgré sa vie très courte – il est mort à 36 ans –, son œuvre est riche et abondante : on dénombre pas moins de 737 peintures, 275 aquarelles, 369 lithographies et plus de 5000 dessins !

Au musée Carnavalet, de nombreuses affiches illustrent ses collaborations avec différentes institutions parisiennes, comme le célèbre portrait d’Aristide Bruant dans son cabaret (1892), le Moulin Rouge (1891), le Divan Japonais (1892), mais aussi sa publicité pour l’Artisan moderne (1894) et même, plus surprenant, son travail autour de cyclistes pour La Chaîne Simpson (1896).

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Portrait d’Aristide Bruant dans son cabaret (1892), Henri Toulouse-Lautrec, Collections Musée Carnavalet

le Moulin Rouge (1891), Henri Toulouse-Lautrec

Le Moulin Rouge (1891), Henri Toulouse-Lautrec, Collections Musée Carnavalet

Le Divan Japonais (1892), Henri Toulouse-Lautrec

Le Divan Japonais (1892), Henri Toulouse-Lautrec, collections Musée Carnavalet

L’Artisan moderne (1894), Henri Toulouse-Lautrec

L’Artisan moderne (1894), Henri Toulouse-Lautrec, Collection Musée Carnavalet

La Chaîne Simpson (1896), Henri Toulouse-Lautrec

La Chaîne Simpson (1896), Henri Toulouse-Lautrec, Collection Musée Carnavalet

3. Il a commencé par peindre des chevaux

Avant d’être le portraitiste du Paris des cafés-concerts et des maisons closes, Toulouse-Lautrec a forgé son art en peignant… des chevaux.

Issu de la collection du Petit Palais, Nice, souvenir de la promenade des Anglais a été peint par le jeune Toulouse-Lautrec a seulement 17 ans. On considère généralement la figure du conducteur de cet attelage lancé en plein galop sur la promenade des Anglais, comme une évocation du père de l’artiste, grand amateur de chasse.

Henri fit son premier apprentissage auprès du peintre animalier René Princeteau (1843-1914) spécialisé dans les sujets équestres brossés d’une facture alerte. Le jeune élève cultiva auprès de ce maître cette agilité de brosse qui traduit si bien la sensation de vitesse et de légèreté caractéristique de son style. L’adolescent multiplia alors les études d’attelage au galop à Chantilly, à Auteuil et à Nice en s’inspirant de la gravure anglaise et des lithographies de Dreux.

Nice, souvenir de la promenade des Anglais, Henri Toulouse-Lautrec, 1880,  collection du Petit Palais.

Nice, souvenir de la promenade des Anglais, Henri Toulouse-Lautrec, 1880,  collection du Petit Palais.

4. Un artiste du côté des femmes

Saisissant leurs moments d’intimité, comme Edgar Degas dont il était admirateur, Toulouse-Lautrec a représenté des femmes vulnérables, livrées à elles-mêmes, avec une tendresse que peu d’hommes égalaient alors. Il s’est montré attentif à tous les corps, y compris les femmes vieillissantes, mélancoliques, les danseuses, les comédiennes, les prostituées et même les femmes de cirque, comme sur ce dessin conservé au Petit Palais, Jeune acrobate dans l'arène (vers 1899).

Jeune acrobate dans l'arène, Henri de Toulouse-Lautrec

Jeune acrobate dans l'arène, Henri de Toulouse-Lautrec, vers 1899, collections du Petit Palais

Jane Avril dansant, Toulouse-Lautrec

Jane Avril dansant, d'après Henri de Toulouse-Lautrec, Collections Musée Carnavalet  

Toulouse-Lautrec, Au rideau, couverture de l'album de clôture de "l'Estampe originale, 1895, Petit Palais

Toulouse-Lautrec, Au rideau, couverture de l'album de clôture de "l'Estampe originale, 1895, Petit Palais

Portrait de Paula Brebion, Toulouse-Lautrec, Musée Carnavalet

Portrait de la comédienne Paula Brebion, Toulouse-Lautrec, Musée Carnavalet

Judic dans sa loge Henri de Toulouse-Lautrec

Judic dans sa loge, Henri de Toulouse-Lautrec, 1894, Collections du Petit Palais

Femme de profil Henri de Toulouse-Lautrec

Femme de profil, Henri de Toulouse-Lautrec, Collections Musée Carnavalet

5. Il adorait poser pour des photographes

Toulouse-Lautrec n’était pas beau. Tout petit, le torse long et les jambes minuscules, il avait un gros nez et des lèvres charnues, et zézayait. Il compensait cette infirmité physique par un excellent caractère, une humeur joyeuse et un grand sens de l’autodérision. C’est pourquoi il adorait prendre la pose et jouer avec cette nouveauté qu’était alors la photographie. Il se déguise en femme, en empereur japonais, en clown, se déshabille volontiers…

Portrait toulouse-lautrec