En mai fais ce qu'il te plaît ! (c) musée Bourdelle / Paris Musées
du
6 mai
au
19 septembre
2010
Exposition

En mai fais ce qu'il te plait !

Première carte blanche collective, « En mai, fais ce qu'il te plaît ! » poursuit le cycle initié en 2004 d'expositions dédiées à la création contemporaine au musée Bourdelle.

Cette exposition consacrée à la sculpture actuelle et à la diversité de ses pratiques et approches réunit des artistes de la scène française et européenne : Élisabeth Ballet, Christian Boltanski, Richard Deacon, Hans-Peter Feldmann, Ann Veronica Janssens, Jannis Kounellis, Claude Lévêque, Jean-Luc Moulène, Tania Mouraud, ORLAN, Kees Visser. À cette occasion, chacun d'eux présente une œuvre en résonance avec le musée, ses collections et ses espaces, dans le lieu de son choix.

Sculptures, installations, film, photographies et peintures investissent l'ensemble des salles ainsi que le jardin. Les œuvres, conçues dans leur quasi-totalité pour cette exposition, se confrontent ou dialoguent avec les sculptures de Bourdelle ou avec l'architecture.

Sous les arcades donnant sur le jardin, Christian Boltanski dont l'œuvre s'emploie à faire resurgir le souvenir d'une mémoire individuelle et collective ouvre la promenade avec Questions, une installation d'une dizaine de chaises d'occasion dépareillées en bois. Par leur entremise, il adresse au visiteur, lorsque celui-ci s'assied, une question existentielle. Le jardin retrouve à travers ce dispositif sa vocation première et les sculptures imposantes de Bourdelle acquièrent une dimension plus humaine.

Dans le Hall des plâtres, trois sculptures de drapés d'ORLAN, DIFFÉRENCE(S) ET RÉPÉTITION(S), blanc, or et argent, dominent la rotonde, évoquant un autel. Inspirés de l'art baroque, ces volumes aux contours identiques, conjuguant robe et forme abstraite, opposent leur légèreté au hiératisme et à la pesanteur des sculptures monumentales environnantes. Ces œuvres s'inscrivent dans la thématique du corps, du sacré et de la féminité que l'artiste développe depuis les années 1980.

La salle jouxtant le Hall des plâtres est entièrement dédiée à Jean-Luc Moulène qui s'approprie des bronzes de Bourdelle. Le Fruit pour en donner une version renouvelée plus conforme aux canons de la beauté féminine en faveur aujourd'hui et quatre dos empruntés à des modèles – féminin ou masculin – présentant des postures diverses dont résulte une sculpture, Dos. À ces pièces s'ajoutent deux œuvres énigmatiques aux contours incertains, en résine, dont l'une, Bitess Biressi Bic, a été réalisée à partir de la forme d'un corset orthopédique, un nu photographique et deux peintures exécutées au crayon Bic. Jean-Luc Moulène réaffirme une pratique de la sculpture qui investit le corps comme objet d'expérimentation.

Sur la terrasse du musée occupée par la frise du Théâtre des Champs-Élysées inspirée des élans et des attitudes de la danseuse Isadora Duncan, incarnation de la danse pour Bourdelle, Élisabeth Ballet a installé sa sculpture (titre à venir). Composée de tubes d'aluminium laqué, le dessin reprend les lignes de force des bas-reliefs qu'il traduit en masses dynamiques de couleur jaune et rouge. Amorçant un envol au-delà de la rambarde à l'aplomb du jardin, la sculpture incite le visiteur à apprécier le réel environnant.

Hans-Peter Feldmann s'immisce dans l'un des anciens ateliers ouvrant sur le jardin avec une réduction en plâtre peint de David, la célèbre sculpture de Michel-Ange, référence sensible dans les œuvres de jeunesse de Bourdelle, qu'il réinterprète avec humour. Cette sculpture côtoie des photographies de roses et de liliums démesurés aux couleurs acidulées. L'artiste puise ses poncifs dans les images du quotidien véhiculées à travers les magazines pour les détourner et questionner l'acte artistique.

Sans titre, une suite de piédestaux en aluminium supportant chacun un ballot de tissu noir, enfermant du charbon, accueille le visiteur à l'entrée des salles en enfilade. Janis Kounellis, un des représentants majeurs de l'Arte Povera, appartient à cette génération d'artistes qui, à la fin des années 1960, a délaissé les pratiques traditionnelles pour développer un langage nouveau recourant notamment à des matériaux pauvres. La configuration sévère, la répétition, l'opposition d'une structure rigide et d'une forme organique, d'une matière inerte et d'un matériau naturel, la prédilection pour la couleur noire caractérisent l'œuvre puissamment évocatrice de cet artiste.

Ann Veronica Janssens présente au fond de ces salles une projection de lumière pulsée, blanche. Sans titre (Martin, Mac 2000 Performance) invite le spectateur à une expérience sensorielle où il perçoit des figures géométriques floues qui se colorent par effet de persistance rétinienne ou qui, plongées dans un halo, semblent se diffuser hors de l'écran. Cette dématérialisation de l'œuvre par la lumière liée à une grande économie de moyens l'inscrit dans l'héritage de l'art minimal et conceptuel.

Kees Visser, dont le travail se fonde depuis une vingtaine d'années sur une méthode rigoureuse déterminant les combinaisons de formes et de couleurs, a choisi le grand mur de la salle Portzamparc en raison de son éclairage zénithal. Il a réalisé deux  peintures monumentales de forme rectangulaire biaisée, 1-33 et 1-64, accrochées en diptyque à distance du mur. Ces à-plats de couleur monochrome exécutés sur papier contrecollé sur aluminium se présentent comme des œuvres tridimensionnelles que l'architecture du lieu contraint à découvrir en deux temps : depuis le passage, en vision partielle, et dans leur proximité immédiate, en vision rapprochée.

Richard Deacon, l'une des figures majeures de la « Nouvelle sculpture anglaise » qui a émergé dans les années 1980, investit cet espace avec deux sculptures. More Free Assembly, constituée de sept éléments pleins en céramique ornée de taches de couleurs dont l'agencement évoque une ligne brisée, se déploie au sol et Two By Two, en inox et acier galvanisé dresse ses polyèdres assemblés dont les faces évidées en reprennent les figures géométriques. L'apparente précarité de leur équilibre, la présence de la couleur et la sobriété toute minimale de leur vocabulaire se confrontent aux études et fragments des deux monuments commémoratifs de Bourdelle.

Plus loin, Tania Mouraud présente Face to Face, une installation vidéo dont elle a réalisé images, bande son et montage. Elle a filmé la plus importante casse d'Europe près de Duisbourg et en a enregistré les bruits. Les gigantesques grues et pinces se saisissent de carcasses d'appareils ménagers, de bureaux, de voitures… acheminés par des wagons pour les trier, les empiler, les concasser en vue de leur recyclage. Cette puissance de destruction perceptible à travers ce mur d'images défilant suscite chez le spectateur une angoisse diffuse et une interrogation sur le devenir de l'espèce. Cette œuvre engagée s'inscrit dans la série des vidéos initiée depuis une dizaine d'années.

Claude Lévêque entraîne le visiteur à la découverte de L'Ile au trésor dans le sous-sol abritant les moules à pièces utilisés autrefois pour la fabrication des bronzes et des plâtres de fondeurs. Dans une semi-obscurité froide, colorée et ponctuée de sons inquiétants, le visiteur déambule parmi les travées où sont rangés les moules, tels des cercueils, et où surgissent, mis en lumière, des fragments de sculpture. Empruntant au monde du spectacle ses moyens techniques et puisant dans la mémoire de l'enfance, l'artiste métamorphose les lieux qu'il appréhende et les investit de ses fictions sensibles, oniriques et troublantes.

Public et Horaire

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Musée

Jardin Musée Bourdelle
Musée Bourdelle

18, rue Antoine Bourdelle
75015 Paris
France

Catalogue de l'exposition

Catalogue En mai fais ce qu'il te plait (c) musée Bourdelle / Paris Musées
En mai, fais ce qu'il te plaît !
Musée Bourdelle ...

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