Couv Aaron
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AaRON X musée Bourdelle

Le musée Bourdelle est source d'inspirations pour de nombreux artistes, c'est le cas de Simon Buret et Olivier Coursier du groupe AaRON qui l'ont choisi comme cadre de leur dernier clip « THE FLAME (piano version) », à découvrir le 5 mai.

Rencontre avec les deux artistes de ce duo musical complice et passionné.

Bourdelle x Aaron 1

© Clotaire Buche (Junzi Arts)

Comment avez-vous découvert le musée Bourdelle et les œuvres d'Antoine Bourdelle ?

J'ai découvert Antoine Bourdelle en cours d'histoire de l'art, au lycée Auguste Renoir, de par l'influence de son travail sur la sculpture, mais ayant grandi à Paris, j'étais déjà allé au musée lorsque j'étais petit.

C'est d'abord un souvenir flou des pièces monumentales qui impressionnent. Sans en comprendre le sens direct, on touche au féerique, au menaçant, au merveilleux, lorsque l'on parcourt le musée et que l'on a des yeux d'enfants. 

Que vous inspirent les œuvres de Bourdelle ? Que ressentez-vous à la vue de ces imposantes sculptures ?

Comme lorsqu'on se trouve devant quelque chose de plus grand que soi, il y a pour moi un sentiment d'éternité qui s'en dégage. Ces œuvres semblent appartenir aux fondations même de ce qui fait l'homme, le désir de défier le temps qui passe, le mouvement de vie avec ses fantasmes de grandeur...

Par la taille démesurée de ses sculptures, et la façon dont on les rencontre, on a la sensation d'être face à un miroir de nous-même, ou plutôt de l'image du surmoi que l'homme aime à tenter d'imprimer depuis toujours, en cauchemar ou en désir, selon le sujet. 

Bourdelle x Aaron 2

« Nous avons tourné en toute petite équipe.

Le luxe absolu de pouvoir être seuls, au jour finissant, au milieu d'œuvres de ces envergures, avec notre morceau qui en habillait les murs, tout ça au milieu d'une pandémie qui avait fermé à double tour tous les musées du pays.

Cet inouï-là, dans ces conditions-là, restera sûrement un des nos plus beaux souvenirs »

 

Simon Buret & Olivier Coursier (groupe AaRON)

Dans une interview, vous dites que le morceau "Apollo" de votre album "Anatomy of light" sorti en 2020 vous a été inspiré par une statue du sculpteur Antoine Bourdelle, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

On cherche souvent un miroir dans le travail d'autrui, une clef pour comprendre ce que l'on est, ce que l'on traverse. C'est sûrement le spectateur qui teinte de sa vérité l'oeuvre qu'il rencontre, ainsi chaque oeuvre porte peut-être autant de vérités que d'yeux qui la regarde.

Ma rencontre avec Le Centaure mourant, un jour où j'étais sûrement plus poreux qu'un autre, m'a terriblement inspirée. Il y a dans ce colosse endormi, à la lyre silencieuse posée sur sa croupe d'animal, un symbole si fort de ce qu'est l'amour : tout est désir arrêté dans sa course, le bras tendu, le galop à l'arrêt, les yeux clos, la puissance de ce corps fait pour la vie aux muscles dessinés pour le mouvement, figés dans l'attente éternelle. Et puis son titre, Le Centaure mourant, mourant d'attendre le coeur de l'autre, peut être ce coeur pour lequel la lyre allait jouer. 

J'y ai vu un parallèle évident entre ce monstre de puissance, au galop enlisé dans l'attente, et l'histoire d'amour qui s'essoufflait à ce moment de ma vie. Comme une belle au bois dormant au masculin. Quel morceau s’apprêtait-il à chanter ?  

 

Le musée Bourdelle est également le cadre de votre dernier clip "The Flame (piano version)", pourquoi ce choix et quel souvenir de tournage gardez-vous ?

Nous voulions tourner dans la salle des plâtres depuis longtemps, il y a dans ce lieu la force des carrières utilisées par Jean Cocteau à la fin de son film Le testament d'Orphée. C'est un royaume des ombres, où la vie toute puissante est endormie, comme une antichambre d'un royaume des rêves.

Le résultat est dans le clip, un voyage au royaume de l'invisible des premiers émois du coeur. 
Nous avons tourné en toute petite équipe. Le luxe absolu de pouvoir être seuls, au jour finissant, au milieu d'œuvres de ces envergures, avec notre morceau qui en habillait les murs, tout ça au milieu d'une pandémie qui avait fermé à double tour tous les musées du pays. Cet inouï-là, dans ces conditions-là, restera sûrement un des nos plus beaux souvenirs. 

 

Quel est votre œuvre préférée de Bourdelle ?

Bien sûr Le Centaure mourant, dans sa version qui est à découvrir dans l'atelier du musée, qui semble être resté intact par ses murs et ses boiseries, comme si Antoine Bourdelle était juste à côté, en train de remettre des bûches dans le poêle à bois...