Ding Yanyong (1902-1978) - Après la pluie (détail), vers 1940 © Paris Musées-Musée Cernuschi
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7 artistes chinois à découvrir dans l'exposition « L’encre en mouvement » au musée Cernuschi

Publié le 12 janvier 2023

Le saviez-vous ? Installé en bordure du parc Monceau, le musée Cernuschi possède l’une des plus importantes collections de peintures chinoises modernes et contemporaines de France ! Jusqu’au 5 mars, l’exposition L’encre en mouvement, Une histoire de la peinture chinoise au XXe siècle en propose un bel aperçu à travers soixante peintures, réalisées par trente-quatre artistes. Attention : l’exposition rencontrant un certain succès, il vaut mieux penser à réserver sur notre billetterie en ligne ! En attendant, découvrez ci-dessous sept personnalités mises en lumière au fil des sept chapitres du parcours

Ding Yanyong (1902-1978)

Ding Yanyong (1902-1978) - Après la pluie, années 1940 © Paris Musées-Musée Cernuschi

Ding Yanyong (1902-1978) - Après la pluie, années 1940 © Paris Musées-Musée Cernuschi

 

En Chine, le XXe siècle commence véritablement en 1912, année de la fin de l’empire et de l’avènement de la république. Artistiquement, il s’annonce par un renouvellement complet du rapport à la langue et à l’écriture. Les artistes se nourrissent de recherches autour des graphies archaïques ; parallèlement, le trait se libère.

Ding Yanyong se singularise par sa maîtrise à la fois de l’encre et de la peinture à l’huile, dont il a appris la technique au Japon. Les grenouilles d’Après la pluie sont remarquables pour leur expressivité : vont-elles sauter et sortir de cette haute feuille de papier ?

Zhang Daqian (1899-1983)

Zhang Daqian (1899-1983) - Gibbon d'après Li Sheng, 1945 © Paris Musées-Musée Cernuschi © The Estate of Zhang Daqian

Zhang Daqian (1899-1983) - Gibbon d'après Li Sheng, 1945 © Paris Musées-Musée Cernuschi © The Estate of Zhang Daqian

 

Comme de nombreux artistes chinois, Zhang Daqian part étudier au Japon, pays qui attire de nombreux intellectuels depuis le début du XXe siècle. Après un premier apprentissage dans le cercle familial, il y séjourne de 1917 à 1919, puis débute sa carrière de peintre autour des années 30, à son retour en Chine.

Ce Gibbon d’après Li Sheng témoigne de sa connaissance de la peinture ancienne, Li Sheng étant un artiste du XIVe siècle. Très vivant, l’animal se détache d’un paysage minéral, peint à l’encre et aux couleurs sur papier.

Pang Xunqin (1906-1985)

Pang Xunqin (1906-1985) - Jeune fille portant une corbeille, vers 1940 © Paris Musées-Musée Cernuschi

Pang Xunqin (1906-1985) - Jeune fille portant une corbeille, vers 1940 © Paris Musées-Musée Cernuschi

Suite à l’offensive japonaise de 1937, Chongqing devient la capitale de la Chine. Les écoles d’art déménagent elles aussi à l’ouest du pays. Ce changement de décor inspire les artistes, notamment Pang Xunqin qui consacre aux hommes et aux femmes Miao une série de petites peintures, telle cette Jeune fille portant une hotte.

Formé à Paris dans les années 1920, l’artiste qui est l’un des fondateurs des arts décoratifs modernes en Chine, porte ici une grande attention aux textiles et au costume.

Sanyu (1895-1966)

Sanyu (1895-1966) - Nu allongé, années 1930 © Paris Musées  Musée Cernuschi

Sanyu (1895-1966) - Nu allongé, années 1930 © Paris Musées - Musée Cernuschi

Le quatrième chapitre est consacré aux nus à l’encre, autrement dit une pratique artistique absolument nouvelle pour les chinois, née de l’influence occidentale et mise en œuvre au moyen de la technique ancestrale de l’encre. Exilé dans le Montparnasse des années 20, Sanyu s’est formé à l’Académie de la Grande Chaumière où il a appris à représenter des modèles nus aux côtés de comparses venus du monde entier, tout en travaillant avec de l’encre et des pinceaux chinois.

Tang Xiaohe (né en 1941)

Tang Xiaohe (né en 1941) - Esquisse pour « Avancer contre vents et marées », 1971 © Paris Musées-Musée Cernuschi

Tang Xiaohe (né en 1941) - Esquisse pour « Avancer contre vents et marées », 1971 © Paris Musées - Musée Cernuschi

1949 : la république populaire de Chine est fondée. La période maoïste (1949-1976) voit les artistes à la fois très sollicités et très contrôlés. Les œuvres doivent être validées et éventuellement retouchées avant d’être exposées. Les images se chargent d’un sens politique fort.

Cette esquisse de Tang Xiaohe, un artiste bénéficiant de nombreuses commandes officielles, en témoigne : elle donnera lieu à une œuvre très célèbre, illustrant l’épisode historique au cours duquel Mao Zedong a nagé dans le fleuve Yangzi afin de montrer sa vigueur et rallier à lui la jeunesse à la veille de la Révolution culturelle.

Zao Wou-ki (1920-2013)

Zao Wou-ki (1920-2013) - Composition abstraite, 1989 © Paris Musées-Musée Cernuschi © Zao Wou-ki - Adagp, Paris 2022

Zao Wou-ki (1920-2013) - Composition abstraite, 1989 © Paris Musées - Musée Cernuschi © Zao Wou-ki - Adagp, Paris 2022

Les années 1950 marquent un tournant artistique majeur, sous l’influence des artistes abstraits américains et européens. Les peintres chinois installés en Europe reprennent certaines de leurs leçons. Ils s’approprient les styles de la peinture gestuelle jusque dans la pratique de l’encre.

C’est le cas de Zao Wou-ki, l’un des plus célèbres artistes chinois installés en France, où il arrive en 1948. Il déploie sur le papier des traits et des tâches dont la facture rompt avec la tradition chinoise.

Li Jin (né en 1958)

Li Jin (né en 1958) - Le Vrai Corps, 1993 © Paris Musées - Musée Cernuschi

Li Jin (né en 1958) - Le Vrai Corps, 1993 © Paris Musées - Musée Cernuschi

Dernière œuvre de l’exposition, Le Vrai Corps relève d’une nouvelle peinture chinoise, qui se développe à partir des années 80. Lettré, l’artiste inscrit au centre d’un texte religieux (issu d’un rituel de repentance écrit par l’empereur Wu des Liang, au VIe siècle) une figure à la fois naïve et macabre. Son titre renvoie au concept de Corps de la loi dans le bouddhisme, idée qui évoque le Tibet où Li Jin a voyagé deux fois. Synthèse de différentes influences, cette œuvre éclaire la liberté des artistes contemporains.

Informations pratiques

L’encre en mouvement, Une histoire de la peinture chinoise au XXe

Exposition présentée jusqu'au 5 mars 2022 au musée Cernuschi
7 avenue Vélasquez, 75008 Paris

www.cernuschi.paris.fr

Réservation conseillée sur notre billetterie en ligne

Exposition "L'encre en mouvement" au musée Cernuschi. Photo Fabrice Gaboriau

Exposition "L'encre en mouvement" au musée Cernuschi. Photo : Fabrice Gaboriau

Exposition "L'encre en mouvement" au musée Cernuschi. Photo Fabrice Gaboriau

Exposition "L'encre en mouvement" au musée Cernuschi. Photo Fabrice Gaboriau