Amélie Simier
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5 questions à Amélie Simier, directrice du musée Bourdelle

Chaque semaine les directeurs des musées de la Ville de Paris sont invités à présenter leur musée en 5 questions/réponses. 

Cette semaine c'est Amélie Simier, directrice du musée Bourdelle qui nous parle de son parcours et de son musée.

Comment est née votre passion pour l'art ? Quel est votre parcours ?

J’ai grandi dans une famille obsédée par le beau, cela forme l’œil.  Enfants, à la maison, nous avions des piles de feuilles, des crayons, des tubes de gouache et de la pâte à modeler à disposition : mon amour de l’art est venu de sa pratique. L’École du Louvre, l’École nationale du patrimoine (qui forme les conservateurs en France), des stages et des rencontres m’ont donné le goût de ce métier singulier, que j’ai exercé dix ans au Petit Palais avant de prendre la direction du musée Bourdelle.

Présentez-nous le musée Bourdelle en 3 œuvres

Trois œuvres nées ici, dans les ateliers du sculpteur devenus le cœur du musée Bourdelle :

Héraklès archer (1910), à retrouver dans le Hall des plâtres, l’œuvre la plus célèbre d’Antoine Bourdelle : un tour de force constructif, ou comment déployer un corps en tension autour d’un vide primordial.

Femme sculpteur au repos (1908), dans l’atelier de peinture : portrait sensible de son élève grecque Cléopâtre Sevastos, celle qui sera sa muse, sa seconde épouse, celle qui veillera à son œuvre après la mort de l’artiste, et la créatrice du musée. 

Centaure mourant (1913), le plâtre dans l’ancien atelier du sculpteur, là-même où il a été créé en terre : l’œuvre favorite du sculpteur, une commande pour la ville de Buenos Aires.

Héraklès archer, Antoine Bourdelle

Héraklès archer, Antoine Bourdelle, 1910

© Raphaël Chipault

Femme sculpteur au repos, Antoine Bourdelle

Femme sculpteur au repos, Antoine Bourdelle, 1908

© Musée Bourdelle/Roger-Viollet

Centaure mourant, Antoine Bourdelle

Centaure mourant, Antoine Bourdelle, 1913

© Raphaël Chipault

Une anecdote à nous raconter sur le musée, ses collections ou ses expositions ?

En 2018, une exposition intitulée « Transmission/Transgression » dévoilait le rôle d’enseignant et de passeur de Bourdelle, qui attira à Paris près de 500 élèves venus du monde entier – dont Germaine Richier et Alberto Giacometti. Depuis, nous sommes en contacts réguliers avec des chercheurs et les descendants de ces élèves venus de France, du Japon, d’Argentine … : la recherche, qui nourrit notre activité, repose aussi sur ces relations humaines privilégiées.

Pour redécouvrir l'exposition Transmission/Transgression, cliquez ici.

Quelle est votre œuvre préférée du musée Bourdelle ?

L’atmosphère, plus encore qu’une œuvre : la lumière tombant des verrières, l’odeur des parquets anciens, le chant des oiseaux dans les jardins, les ombres projetées par les statues … Tous les jours, je me dis que nous avons de la chance d’avoir su conserver un tel endroit à Paris.

Salle Beethoven Musée Bourdelle

Musée Bourdelle, Salle Beethoven

© Raphaël Chipault

Quelle sera la prochaine exposition ?

Beethoven

Beethoven la joue appuyée sur une main, Bourdelle, 1887, Musée Bourdelle / Roger-Viollet

Cet automne nous célébrons les 250 ans de la naissance du compositeur allemand Beethoven par un accrochage des Beethoven de Bourdelle, un corpus exceptionnel de portraits sculptés, dessinés, peints par Bourdelle pendant toute sa carrière.

Question bonus : votre occupation favorite pendant le confinement ?

Quand je ne travaille pas, quand je ne suis pas en contact avec mes équipes, quand je n’appelle pas mes proches ? Ranger mes bibliothèques, redécouvrir un livre oublié et m’arrêter pour le lire !

Pour aller plus loin