Philippe-Auguste Hennequin (1762-1833), Les Remords d’Oreste © Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes
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5 bonnes raisons d'aller voir l'expo "Génération en Révolution" au musée Cognacq-Jay

Comment les artistes français ont-ils vécu les bouleversements de la période révolutionnaire ? Le musée Cognacq-Jay, spécialiste du XVIIIe siècle, vous dit tout dans son exposition de dessin Génération en Révolution !

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photo du musée
Musée Cognacq-Jay, le goût du XVIIIe

8, rue Elzévir
75003 Paris
France

C’est une première : habituellement conservée au musée Fabre de Montpellier, la collection de dessins de François-Xavier Fabre (1766-1837) n’avait jamais été présentée à Paris… Jusqu’à l’exposition Génération en Révolution, qui en donne un beau panorama à travers une sélection de 80 dessins !

Au fil de quatre étapes thématiques, Génération en Révolution esquisse une histoire visuelle du passage du XVIIIe au XIXe siècle, en étudiant notamment la diversité des techniques et des genres.

Pour s’attarder sur une collection exceptionnelle

Génération en Révolution

Génération en Révolution (c) D.R.

Il a marqué l’histoire de Montpellier, sa ville natale, à qui il légua toute sa collection pour y ouvrir en 1828 un musée – qui n’est autre que le célèbre Musée Fabre. Collectionneur et marchand d’art, François-Xavier Fabre était également un peintre de talent.

Il fut l’un des élèves préférés de Jacques-Louis David (1748-1825), chef de file du néoclassicisme français et maître de la peinture d’histoire. Fabre obtint le prestigieux Prix de Rome en 1787, et partagea sa vie entre son travail de peintre d’histoire et son activité d’expert en œuvres d’art. Il vécut à Paris, à Rome et à Florence…

Sa collection passionnante est le reflet de son importance et de son regard, et éclaire une époque riche en bouleversements artistiques.

Pour découvrir autrement la période de la Révolution française

Jacques Bertaux - L'Attaque des Tuileries (c) Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes

Jacques Bertaux - L'Attaque des Tuileries (c) Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes

Les dessins de Génération en Révolution sont datés de 1770 à 1815 : la sélection englobe donc largement la période révolutionnaire. Ils sont pour la plupart signés par des élèves de David, et témoignent de l’apprentissage du dessin de la fin du XVIIIe siècle.

L’institution académique royale – qui disparaît à la Révolution – œuvre à cette période à la création d’écoles gratuites un peu partout en France (qui lui survivront).

 

Génération en Révolution

Exposition "Génération en Révolution" (c) D.R.

Dès la première salle de l’exposition, une évidence : la pratique la plus noble du dessin s’applique à la représentation de corps masculins nus, modelés par la jeunesse.

Philippe-Auguste Hennequin (1762-1833), Les Remords d’Oreste © Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes

Philippe-Auguste Hennequin (1762-1833), Les Remords d’Oreste © Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes

Également très en vogue : les sujets historiques et bibliques, choisis pour leur portée politique et moralisatrice, et l’intérêt pour le Proche-Orient, qui donnera naissance à la vogue de l’Orientalisme.

Pour regarder de près des dessins de David, de Fragonard et de Girodet

L’art du dessin possède un charme authentique : la plupart sont des études et témoignent des intérêts des artistes, mais aussi des œuvres qu’ils regardent, des trajectoires qu’ils empruntent.

Jacques-Louis DAVID (1748-1825), Etude d’après la Jeune martyre morte de Guido Cagnacci © Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes

Jacques-Louis DAVID (1748-1825), Etude d’après la Jeune martyre morte de Guido Cagnacci © Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes

L’étude qu’a réalisée David d’après La Jeune Martyre morte de Guido Cagnacci met en évidence son attention aux peintures italiennes exposées au Palais Royal.

Étonnante, cette esquisse montre un corps féminin nu, alangui, dont les lignes érotiques se confrontent à la morbidité du sujet.

Puis loin, La Gifle de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) révèle le talent d’un artiste (grand prix de l’Académie à tout juste 18 ans !) contraint pour des raisons économiques de réaliser des scènes de genre, qui plaisent particulièrement aux collectionneurs de l’époque.

 	Anne-Louis Girodet de Roucy Trioson - Enée et ses compagnons abordant dans le Latium © Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes

Anne-Louis Girodet de Roucy Trioson - Enée et ses compagnons abordant dans le Latium © Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes

Autre coup de maître, "L’Énée et ses compagnons abordant dans le Laitum" d’Anne-Louis Girodet (1767-1824).

La perfection des corps masculins, les postures tendues et les plis des drapés savamment représentés soulignent les vertus héroïques des personnages... Et séduisent l’œil.

Pour s’évader un instant dans des esquisses de nature

Antoine-Laurent CASTELLAN (1772-1838), Étude de nuages © Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes

Antoine-Laurent CASTELLAN (1772-1838), Étude de nuages © Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes

La toute dernière salle s’ouvre sur la nature avec des vues de ciel, des études d’arbres et des paysages italiens. Car à l’instar de David et de Fabre, bien des artistes français regardent vers l’Italie…

Y faire un voyage devient même, à la fin du XVIIIe siècle, l’étape fondamentale de toute bonne éducation artistique. Là-bas, les peintres s’échappent volontiers des villes pour dessiner les campagnes, s’attarder sur les ruines, les variations nuageuses ou les scènes de villages. Dans le sud de la France, d’autres artistes explorent les vestiges gallo-romains et observent avec attention les paysages.

Antoine-Laurent Castellan (1772-1838), peintre de paysages montpelliérain, s’emploie à représenter une nature idéalisée, dans la tradition de la peinture néoclassique. Ses ravissantes "Études de nuages" et de pin pignon témoignent de l’intérêt de François-Xavier Fabre pour les artistes de sa région natale.

Pour découvrir la progression d’une fresque contemporaine

Les Soirées dessinées à Cognacq-Jay (c) Paris Musées

Les Soirées dessinées au musée Cognacq-Jay (c) Paris Musées

Une fois l’exposition terminée, n’oubliez pas de grimper les escaliers du musée pour vous rendre dans le comble, au quatrième niveau. Celui-ci accueille, certains samedis après-midis, des ateliers d’initiation au dessin orchestrés par un plasticien.

Surtout, un dimanche après-midi sur deux, le collectif d’artistes "Les Soirées Dessinées" réalise en public une grande fresque dessinée. Objectif ? Faire découvrir l’art du dessin de façon vivante. Après avoir contemplé les feuilles de Génération en Révolution, on apprécie ce moment de partage créatif !

En savoir plus

Exposition "Génération en Révolution"

Jusqu'au 14 juillet au musée Cognacq-Jay, 8 rue Elzévir, 75003 Paris